Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 18:27

J'ai une bombe au creux de la main. Vais-je presser le bouton ? Je te tiens, là, sur mon écran et d'un clic, je peux briser en mille éclats la si jolie image que tu as façonné de toi. Tu n'as même pas peur, tu ne sais pas que je suis là, dans l'ombre, que ce soir c'est moi qui peux devenir agresseur.

Parlons un peu, veux-tu ? Ou plutôt, tiens, écoute-moi, Rom, ça te changera de ne pas suivre que le son de ta voix. T'as un certain sens de l'humour de prendre publiquement la parole une fois de plus pour parler de violence inacceptable. Si, si, je t'assure j'ai bien ri ! Mais tout de même, de la part d'un violeur qui n'assume pas même une condamnation légère..., fallait oser ! L'ennui tu vois, c'est que je suis tombée sur le site. Internet est un monde minuscule, il faut croire. Et qu'il se trouve que par hasard, j'ai la possibilité de réagir. Tout aussi publiquement. Le choix m'appartient et il est à la fois terrible et... attrayant.

Et vous, que feriez-vous à ma place, si la personne qui vous hante depuis des années vous était livrée pieds et poings liés ? C'est la limite entre justice et vengeance, sans doute. Limite qui fut claire il y a encore quelques mois et qui là, se floute artistiquement. Je me trouve cent raisons de presser le bouton. Et cent de m'abstenir.

Par Leitha - Publié dans : Suuréalisme
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 18:23

Ce week-end, au beau milieu de la tempête, j'ai eu deux merveilleux arc-en-ciels.

D'abord une certaine cipette... Forte, folle, magique, à sa manière. Comme je sais d'avance qu'elle ne va pas avoir le bon goût d'être d'accord, faites-moi plaisir, baillonnez-la si elle proteste !
Oui madame l'oursoonne, tu es formidable, avec ton humour, ta gentillesse, ton si joli bonnet de nowel (recousu, j'espère ?) et ta satanée manie de cesser de respirer à chaque fois qu'un peu de vent m'arrive dans la figure ! J'ai été heureuse de te rencontrer en vrai, de voir comme par chez toi les pizza sont bonnes et le chocolat chaud. Je te remercie du fond du coeur nmême si aujourd'hui, je n'ai pas de mots, coincés qu'ils sont au fond de la gorge. Si je pouvais, je te dirais comme tu es belle quand tu souris. Comme ta voix est agréable à entendre... tout cela, tu vas comme toujours grogner en l'entendant mais je maintiendrai enver et contre toi. Aime-toi bon, sang de bourrique : je peux t'aimer aussi... pas à ta place !

Ensuite, et ça en étonnera plus d'un, j'ai rencontré un fabuleux... psy ! Enfin, sans doute l'ai-je d'autant mieux apprécié que ce n'est pas l'homme de métier que j'ai voulu voir, mais l'homme tout court, celui qui par la tendresse, la délicatesse et la grande sagesse de ses notes sur son blog, m'a fait un peu mieux me souvenir de ce qu'il y a de génial dans le monde qui nous entoure.
Ah, mais que te dire, à toi, cher nouvel ami déjà bien précieux, pour les moments de bonheur que tu m'as fait partager avec ta famille ? Juste merci ? Bof, un bien petit mot... pour tant à te dire encore ! Tu m'as offert un cadeau qui restera longtemps dans mon esprit et dans mon coeur. Ces élans de tendresse spontanée, ces éclairs de complicité, la balade à trois dans une ville magnifique... ça m'a permis de réaliser une chose : un paradis, ca peut se recréer. Et pour cette redécouverte, je n'ai pas de mots assez forts pour toi.

A mes deux rayons de soleil sous la pluie, je voudrais donner plus que ces quelques mots jetés sur un blog. Mais Mamie, fait c'qu'elle peut !

Par Leitha
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 10:43
Il neige sur paris, comme un rêve sucré... Mouaiiiis bah la chanson est belle, mais désolée, moi je n'aime pas la neige. Je peux même dire que je la déteste. Il n'en a pas toujours été de même, pourtant.

Acte I

La neige dessine un décor féérique à travers la vitre du bus. De tous mes yeux, je regarde le chemin saupoudré de sucre glace ou de meringue, je ne sais trop, ce qui est sûr, c'est que mon estomac dirige mes pensées aprrès une journée passée à courir entre trains, métro et bus. Bientôt, j'aperçois plus loin un petit batîment à moitié caché entre deux collines, à l'entrée du village. Le "coucher du soleil", mon paradis. Mais il n'est pas encore temps de m'y rendre, ptience ! Tandis que le bus avance avec une lenteur infinie vers la place du village, une rêverie apaisante me happe.

La grande salle est éclairée, bientôt le spectacle va commencer et je savoure par avance l'entrée tonitruante du conteur à longue barbe blanche, Jules, qui sous nous yeux ébahis confectionnera de magnifiques fleurs en papier. Autour de moi s'agitent de petits enfants aux joues rouges de froid, dont les parents discutent entre eux avec animation. Comme souvent dans ces soirées-là, que je ne raterais pour rien au monde, je navigue entre tout le monde, pour faire le clown avant que le vrai héros de la fête ne vienne nous enchanter. Marc, notre hôte et l'homme que je considère comme un père depuis des années, me fait discrètement signe.
- Dis-moi Leitha, que dirais-tu de distraire nos invités ? Tu te plains souvent de n'avoir pas de scène ni de public pour ton one man show, eh bien fais-toi plaisir... la salle est à toi !
- Mais Marc... Et Jules ?
- Il est d'accord...
Ce si beau cadeau qui m'est fait, dans l'endroit que j'aime le mieux au monde, dans ce chez-moi qui respire une joie trop souvent absente e mes pensées... comment le refuser ? Le trac me prend soudain... D'une main ferme, le sourire aux lèvres, Marc me pousse au centre de la pièce, tandis qu'avec un certain bruit, un cercle dechaises se forme autour de moi. Merci mon cher père de coeur, je te revaudrai ça ! 

- Mademoiselle, on est arrivé !
Le chauffeur m'interpelle, pressé de terminer sa tournée. M'arrachant à mes heureuses pensées, je sors du bus. La neige bruisse sous mes pas, il me tarde de panser mes blessures pour mieux en profiter après. En face de moi se découpent les silhouettes de mes montagnes chéries, qui n'ont jamais cessé d'être pour moi sources de forces et de courage retrouvé. C'est là-dessus que je compte cette fois encore. alors que les blessures de l'âme me brûlent tant. Si je suis venue dans mon paradis malgré une route longue et difficile, c'est pour mieux me retrouver.

Me voilà enfin rendue devant la grande maison que je vais occuper seule quelques jours. Les gestes familiers s'enchaînent, la clé dans la serrure, les lumières allumées, le chauffage mis en route, le cellier ouvert, tout m'accueille avec l'air de dire "bienvenue chez toi".  Je me prépare une tasse de verveine, brûlante à souhait, comme je l'aime et me vautre dans le canapé du salon, en fixant le tableau au mur, qui m'avait été offert par une dame peintre du coin. Et de nouveau, mes pensées vagabondent...


- Tes parents ne sont toujours pas venus te chercher, il se fait tard, Leitha... Allez, bois une dernière tasse de verveine, je te ramène !
- Ne vous en faites donc pas pour moi, Marc, il vous reste la salle à ranger et comme vous le dites, il est tard. La maison n'est qu'à 300 mètres, je vais m'en sortir toute seule comme une grande.
- La grande va écouter son vieux copain et attendre que je sorte ma voiture pour la ramener à bon port.
Touchée, monsieur l'artiste, j'abandonne : Si monsieur est décidé de prendre soin de moi, je ne vais pas le décourager !
La voiture de Marc roule lentement, pendant qu'à son bord nous discutons de la vie, de ce qui fait que malgré tout, elle reste belle... ce petit plaisir est pour moi une redécouverte constante. C'est bon d'être écoutée et d'écouter. Mais bientôt, la maison apparaît. Toutes les lumières sont éteintes, la porte est vérouillée. Bof, on m'a oubliée, pas grave ! Enfin, le coeur se pince un peu tout de même et le regard sévère de Marc envers cette attitude de ma famille me met un peu de baume au coeur. Je m'empresse de le rassurer, je vais sonner, ce n'est pas un drame... Mais son attitude fait chad au coeur.

Aïe, ça brûle ! Je lâche ma boisson préférée et de suite, les larmes me montent aux yeux, celles provoquées par un autre passé proche moins aimable. Mais enfin, qu'est-ce que j'attends ? Si je suis revenue au Village, c'est bien parce que j'ai besoin de lui parler, à lui l'homme qui m'a servi de bâton de voyage si longtemps, à celui qui a souvent effacé mes pleurs et ouvert sa porte. Lui qui sait écouter, le fera-t-il cette fois encore ?

Rougissante, timide, je m'approche de Marc, à la fin de la dernière fête de son cru à laquelle je pourrai participer cette année. J'ai quelque chose à lui demander et moi qui n'ai généralement peur de personne, je me sens comme une gamine prise en faute.
- Dites, Marc, j'ai une faveur à vous demander...
- Laquelle, Leitha ?
- Ca fait bien six ans que vous me supportez régulièrement et que je passe tout mon temps libre dans le coin chez vous... Est-ce que ça vous dérangerait beaucoup si je vous tutoyais ?
Les yeux écarquillés, il me regarde
, hilare :
- Bien sûr que u peux me tutoyer... moi c'est dpuis ta première venue chez moi que j'attends ça ! Tu me vieillis, parfois, je n'ai pas encore cent ans !
- La moitié seulement, ça compte ?

Après un intéressant débat intérieur, je conviens avec moi-même de ne pas parler à Marc de la raison exacte de ma douleur. J'ai trop mal et ce n'est pas utile de l'ennuyer avec ça. Sans doute derrière ça, se cache-t-il une peur de ce même rejet que celui que tout le monde depuis bientôt un an me témoigne. J'attrape le téléphone, coeur battant la chamade. Va-t-il répondre ?
-Allo ?
- Bonjour, Marc... C'est Leitha.
- Ma parole, Leitha ? Mais... ce n'est pas la saison habituelle de ta venue ? Ca fait plaisir ! Que fais-tu ici ?
Son ton joyeux réchauffe mon coeur et c'est un peu plus sereinement que je lance, faussement négligente, que j'avais evie de traîner dans mon paradis seule, sans famille ni amis.
- Eh bien, viens ce soir me voir... on discutera !
Youpiiiii !

Acte II

Le soir venu, j'enfile un épais manteau pour tenir le froid de riueur en plein hiver. Je cours, je vole littéralement dans la neige, au bord de la route, pour atterrir, essoufflée, devant le Coucher du Soleil, gîte d'étape tenu par mon vieil ami Marc. Tout a l'air éteint, personne à l'horizon. Inquiète, je me demande si je suis venue trop tôt. A tout hasard, je monte derrière le batîment et là, j'aperçois enfin une fenêtre éclairée. C'est donc là que vit Marc, quand il n'est ni dans sa cuisine ni dans la salle des fêtes. Je n'ose frapper à la porte et je reste sur le pas de celle-ci, laissant le froid et la neige me saisir. C'est au bout d'une dizaine de minutes que Marc, m'apercevant de l'intérieur, vient enfin m'ouvrir. Il me fait vite entrer, m'offre un siège et s'assied en face de moi, le regard grave. Je lui tends timidement un poème, cadeau confectionné pour lui dire à quel point l'homme et sa maisonnée me sont chers depuis longtemps. Il le lit, en verse une larme et me dit :
- Tu sais, je t'ai considérée comme une fille depuis les premiers jours moi aussi. Je m'en fais pour toi, je vois bien que tu vas mal, là... tu me racontes ?
Et là, d'un bloc, tout sort : la lamentable histoire d'une fillette trop naïve pour se méfier d'un ami cher, le viol, terrible, les suites... l'envie de revenir puiser des forces dans mes montagnes... Il m'interrompt au bout d'un moment.
- Attends, Leitha... Je peux te demander quelque chose ? Est-ce que j'ai le droit de te prendre dans mes bras ? Il y a trop d'émotions dans ce que tu me dis, j'ai juste besoin de t'aider un peu, comme ça.
Bien sûr que j'accepte, moi qui depuis tant de mois n'ai été consdéré que comme un monstre de foire par tous ceux qui auraient dû être là pour moi, qui ne rêve que de bras dans lesquels pleurer...

Je finis mon histoire, entre larmes et réconfort de cette étreinte paternelle. Ensuite, Marc, en bon père poule, s'inquiète : Ai-je mangé déjà ? Où vais-je passer la nuit ? Je réponds à la première question que non je n'ai encore rien avalé depuis deux jours : il se met aux fourneaux. Je réponds à la seconde question que mes parents mont laissé les clés de la maison de vacances, il m'ordonne presque de rester là, pour dormir dans un mieu où je me sentirai en sécurité et avec quelqu'un qui veillerait sur moi.

Un excellent gratin avalé plus tard, j'accepe avec reconnaissance le lit moëlleux préparé par Marc. Merci Papa... Mais tandis que je commence à somnoler... Marc, que fais-tu ? Pourquoi tu te glisses dans mon lit ? Pourquoi te déshabilles-tu ?

Et l'enfer surgit au paradis.


Voilà, messieurs-dames, ce que me rappelle la neige... du moins une courte partie de ce qu'elle me rappelle. La suite n'appartient encore qu'à moi.


Par Leitha - Publié dans : La genèse...
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 20:40

Souvenirs souvenirs... C'était il y a un an presque tout pile. Depuis Tchou s'est un peu éloignée même si elle reste dans mon coeur.


"Leitha promets-moi de ne jamais écrire tes mémoires : personne n'y croirait !" Depuis que je connais Tchoucky, cette supplique revient régulièrement dans sa bouche. C'est pourquoi, elle et moi avons écrit ce billet ensemble, afin que vous ayiez le son de cloches de ma compagne d'aventures préférée.
 

Bonjour, bonjour mesdames et messieurs, c'est Tchoucky qui squatte le blog de Leitha pour un petit article à quatre mains. Je prends la parole à titre de témoin, car sans cela vous n'y croiriez pas. Pourtant, je déclare sur l'honneur que les événements qui vont être relatés dans le présent article sont la stricte vérité (même qu'on a des photos pour le prouver).

Attention, accrochez vos ceintures, bienvenue dans la quatorzième dimension.

Bien. Au fait. Ce vendredi 12 décembre 2008, notre Leitha nationale avait rendez-vous avec son nouveau psy (première rencontre, car le rendez-vous précédent avait du être annulé (( pour cause de déménagement intempestif du cabinet du médecin dont Leitha n'avait pas été prévenue ((( elle s'est présentée à l'ancienne adresse avec une jambe en moins et n'a donc pas pu arriver à temps à son rendez-vous ((((( mais ça c'est une autre histoire, alors je la raconterai une autre fois)))))). Je l'accompagne, car en cas de défaillance de sa jambe droite, je l'héberge chez moi pour la nuit (oui, le rendez-vous a lieu à 19h, alors rentrer chez elle, à 30 kilomètres en RER avec une jambe en moins passé vingt heures, bon, c'est pas la joie).

Plantons le décor.
Imaginez, un large vestibule, bien blanc, sérieux, le genre qui vous paraîtrait normal de trouver chez un psychiatre. Maintenant, mettez-y de part et d'autre cinq ou six portes. Inscrivez sur la première « salle de psychothérapie dynamique, ne pas entrer sans y être invité ». Sur la deuxième « salle d'attente ». Jusque là, rien de très anormal. La porte suivant a la mention « salle privée ». Drôle de formule, mais ça passe encore. Viens ensuite « la salle d'hypnose ». Nous sommes chez un psy, me direz-vous, et il faut être ouvert à toute forme de thérapie (je débattrai plus tard de ma relative confiance en certaines méthodes). Bon, maintenant, expliquez moi ce que signifie « salle secrète » ? En tout cas, c'est la mention qui figure sur la dernière porte. Mais attention, je ne vous ai pas dit un détail, qui a son poids. Les dites pancartes sont taillées grossièrement dans du carton d'emballage. Oui, du carton. Style décors de théâtre de fin d'année, vous savez, les spectacles du petit cousin ou vous êtes obligé d'aller parce que ça fera tellement plaisir à la famille, et ou on ne comprend pas un mot de ce que les jeunes acteurs en herbe baragouinent....
Vu le standing de l'appart, notre psy a les moyen de s'offrir des vraies pancartes, c'est donc un choix.
Nous entrons dans la salle d'attente.
Comment doit être une salle d'attente chez un psy à votre avis ?
Deux réponses prises au hasard :

 

« heu, sur-bondée, comme un hall de gare ? »
« Aseptisé, avec un décor impersonnel ? »
Et bien, voici à quoi ressemble la salle d'attente d'un psy :


http://img517.imageshack.us/img517/8057/photo0250ai9.jpghttp://img517.imageshack.us/img517/2293/photo0246tj7.jpg
Ceci n'est pas le studio de Barbie...          Mais la salle d'attente d'un grand psychiatre !

http://img517.imageshack.us/img517/1336/photo0244kx4.jpghttp://img517.imageshack.us/img517/4213/photo0248jy2.jpg

 qui s'est offert un portrait géant de lui à l'huile... et des lampes originales !

Les photos ne rendent pas très bien, donc j'explique : nous sommes dans une très étroite pièce qui a du être la plus inconfortable des cuisines,dans son temps. Cette pièce est éclairée par des petites lampes d'un genre particulier. Deux d'entre elles sont affublée d'antennes d'extraterrestres.

Deux autres ont été bricolées en ajustant une ampoule et un abat-jour sur une cannette de bière. Aux murs sont suspendus des objets de récup'art tout ce qu'il y a de plus hétéroclites : tête de vache en guidon de vélo ou devant de baril de lessive, miroirs à n'en savoir que faire, au cas où on ne  trouverait pas assez moche avec un seul, guirlande de fruits en plastique, et le summum du summum, un rideau de... Bon, on va dire perles, ou les perles auraient été remplacées par des fragments de bouteilles, barils, emballages aux couleurs tape-à-l'oeil.
Je tiens à préciser que j'adore le récup'art. Mais là, il faut bien le dire, c'est trop coloré, trop chargé, c'est... J'ai oublié de mentionner le portrait du psy qui trône à coté de la porte. Vous le voyez sur la photo, il se passe de commentaire :p



Bon, un gentil monsieur est déjà là, il attends sa soeur qui est en consultation, ce qui est un peu embarrassant parce qu'il n'y a que deux chaises dans cet espace exigu. (Je cède la chaise restante à Leitha évidemment, et elle se fait affreusement prier, évidemment) Et là, histoire de faire la conversation, Leitha lance un commentaire sur la décoration « originale pour une salle d'attente ». Du coup, comme chaque fois qu'on prononce le mot original devant moi, j'essaye de chercher la beauté inenvisagée qui se cache derrière cette surcharge de couleurs et d'objet. Désolée de vous avouer que je sèche honteusement.
Sur la petite table basse, foin de magazines habituels, du style Figaro Madame ou « Devenir-jeune -et-jolie-en-trois-jours ». Deux livres d'images : « la vie en rose » un recueil de photos d'animaux agrémentées de textes d'un genre que je ne comprends pas trop, et un livre sur les sculptures de Camille Claudel.
Bref, tout sauf une lecture apaisante...
Avant de laisser la parole à Leitha, je ne résiste pas à l'envie de vous décrire le cabinet dans lequel elle sera reçue dix minutes après que notre brave praticien ait renvoyé sa dernière patiente.

Deux gigantesques pièces, dont la séparation a été abattue (bon, soyons pas mesquins, 20 mètres carré chacune, c'est sûr qu'en comparaison avec l'espace de la salle d'attente, ça choque). Dans la première pièce une table pour vingt-quatre convives derrière laquelle trône un fauteuil de bureau. Si, si, il s'agit bien du bureau de notre psy. Vingt quatre convives, je vous jure. A coté de ladite table, un ordinateur et une machine à carte vitale. Au-dessus des éléments susnommés, deux pancartes. L'une porte la mention « ordinateur » et l'autre « machine à cartes vitales ». De l'autre coté de la porte, une horloge. Au dessus de l'horloge ? Bravo, une pancarte. Et sur la pancarte ? « dromadaire bleu » ? Même pas : « horloge ». Cet homme a vraiment peur qu'on oublie le nom des objets. Dans la deuxième pièce, il y a un gigantesque divan, allez, soyons gentils, pour huit personnes. Le psy y prend place pendant toute la consultation. Il est séparé de sa patiente par dix mètres de table basse en verre, plus cinq autres mètres d'espace vide et enfin on arrive au petit fauteuil exigu auquel Leitha a droit (quelle générosité, il aurait pu la laisser debout !).
Pour le déroulement de la séance, parole à l'intéressée (si tant est qu'elle arrive à calmer le fou rire qui l'a prise en relisant mon descriptif).

Ça, ma Tchoucky, ça va être dur. Non qu'un vrai fou rire ne me soit pas fort agréable par les temps qui courent mais là, mes côtes crient grâce. Bon, bref, passons.

Psy bien-aimé est instal... affalé sur son divan. Les excès de la veille, une dispute avec sa femme ? Je ne sais. L'interrogatoire classique commence. Fratrie, mes liens avec ma charmante accompagnatrice-béquille-porteuse de chance, mes relations avec mon compagnon... Et puis, on en arrive au coeur du problème : la dépersonnalisation. Le p'tit père me laisse dans un premier temps parler de mes pertes de conscience, de ces charmantes hallucinations auditives. Puis, le plus sérieusement du monde, me demande ce que j'en pense et si j'ai déjà émis l'hypothèse de la... possession. Je commence hélas à être à court de « euh.......... » et je juge donc plus approprié un petit décrochage de mâchoire. Mon cerveau paralysé tente timidement de trouver une explication cohérente à la question : sans doute était-ce une approche pour me suggérer une bien grande imagination....  Monsieur enchaîne avec un naturel et une spontanéité touchants : « Seriez-vous d'accord pour que je demande à une seconde personne d'intervenir ? ». Je réponds que oui, légèrement intriguée devant ses yeux brillants comme ceux d'un enfant devant un cadeau de noël. Et là, tadaaaaaaaaam : « Ce monsieur que je veux vous faire consulter connaît bien le monde des esprits et il aura des thérapeutiques adaptées à un cas de possession, au besoin. ». Mon cerveau, pas contrariant, mais un peu perplexe envisage deux cas : soit ce monsieur me prend pour une folle et veut me faire interner gentiment par un collègue en blouse blanche (très-gentil-le-monsieur-il-va-vous-écouter....), soit il est sérieux et dans ce cas... non, ce cas est inenvisageable, pas vrai ? Pas vrai.

Je tente timidement un « vous parlez d'un exorciste ? », espérant à tout prix être démentie. Il me fait un grand sourire, baveux à souhait : « pas exactement, plutôt un... prêtre vaudou. ». Ah oui, voilà comment me rassurer ! Bah, les z'amis, vous savez quoi ? Une mâchoire qui est complètement décrochée et qu'on essaie bêtement de retenir de tomber, ça fait mal.

Est-il utile de préciser qu'à ce moment, mon  cerveau a déclaré forfait  ? J'ai eu le malheur d'expliquer que Tchoucky m'avait déjà vue en crise. J'osais imaginer vaguement un retour à la normale. Yeux qui brillent bis : « Je pourrai l'interroger ? ». Brave petit, je ne vais pas lui refuser ça, hein, il est si mignon... Il insiste, : « vous êtes sûre ? ». Je repensai à ma douce et frêle amie, perdue dans un cagibi orné de trucs bizarres. Nous qui avions assez de place pour héberger douze familles d'haïtiens rescapés des cyclones, autant l'en faire profiter. Et puis, mes neurones ayant grillé définitivement au mot « vaudou », je ne pouvais qu'acquiescer bêtement, assommée.


Pendant ce temps, à côté...
Nous aurions du partir il y a vingt minutes. J'ai un rendez-vous à 21h, même si j'ai averti les concernés que je pourrais être en retard, j'aimerais bien y être quand même. Je guette désespérément les bruits de pas dans le couloir. Après plusieurs fausses joies  (bruit qui arrivent puis s'éloignent) la porte du cabinet s'ouvre sur Psy Bien-Aimé. Seul. D'un ton qui ne présage rien de bon, il me demande si je peux venir dans le cabinet. Mon coeur s'arrête. La jambe de Leitha s'est bloquée !

A ce stade-là de l'histoire, il convient de préciser que mademoiselle est bloquée depuis deux jours à Paris parce que devant accomplir des démarches administrative sur une seule jambe, et qu'elle a miraculeusement retrouver l'usage de ses membres inférieur durant cet après-midi. Depuis, je prie pour que cet état de grâce se prolonge, mais non, ce serait bien trop beau.
Je vais donc dans le cabinet décrit précédemment et suis acceuillie par une Leitha qui me lance un regard que je n'arrive pas à interprêter. Je lui demande si sa jambe est de nouveau bloquée et Psy Bien-Aimé me rassure, il veut seulement m'entendre au sujet des crises de Leitha. Je raconte ce à quoi j'ai assisté, en essayant de rester au plus simple, je ne sais pas si je dois minimiser ou insister sur la gravité du problème. Psy Bien-Aimé ne m'aide pas, il me fait répéter plusieur fois la même chose sans que je comprenne ses intentions. Je ne vois qu'une explication : il doute de la véracité des dires de Leitha et veut forcer sa « complice » à se trahir. Comme pour confirmer mon hypothèse, il demande à Leitha si elle est sûre que ce n'est pas l'épilepsie. J'interviens donc et donne des détails sur le comportement du double de Leitha, qui sait tenir une conversation cohérente, ce que je crois qu'un épileptique ne peut pas faire. Je remarque les regards que me lance Leitha, mais je n'ai aucune idée de ce qu'elle veut. Quand il m'a assez interrogée, il demande à Leitha si elle est d'accord pour qu'il contacte la personne dont il lui a parlé.
Miracle, me dis-je, il prend le problème au sérieux, il a conscience de ne pas être compétent et il va la diriger vers quelqu'un qui l'est !
J'ai trop foi en la nouvelle cascade de coup de bol qui vient de nous tomber dessus pour trouver bizarre la façon dont Psy Bien-aimé se fait répéter plusieur fois l'autorisation d'appeler « la personne ».
_ Vous êtes sûre ? Je ne veux pas que vous pensiez que je vous force ! Vous êtes bien sûre ?
On perd cinq minute de plus à le convaincre qu'elle lui a donné son accord. Enfin, monsieur Psy décider d'appeler. Un téléphone fixe sans fil est posé sur ses dix mètres de table basse en verre. Il le néglige honteusement pour aller chercher celui qui l'attends sur son bureau de vingt-quatre convive. Là, Leitha essaye vraiment de me faire comprendre ce qui se passe. Elle est visiblement morte de rire. Elle lève plusieurs les yeux au plafond, que je me mets à examiner avec attention dans l'espoir de trouver ce qui est si risible, mais le plafond est bien la seule chose bien décorée de l'appartement.
En désespoir de cause, Leitha joint les mains dans une attitude priante. Bon, elle est contente, on va la diriger vers une personne compétente et elle rends grâce à Dieu pour ça.
Psy Bien-aimé revient, avec son deuxième téléphone fixe. Il fouille dans sa sacoche pour en extraire un téléphone portable. Il consulte le répertoire du portable pour composer un numéro sur le fixe. Quelqu'un lui répond, une personne qu'il appelle par son prénom. C'est donc un confrère dont il est assez proche, on dirait. Il essaye de parler de Leitha, mais visiblement, le confrère avait une autre question à lui poser.
_ C'est parce que je vous appelle d'un autre téléphone, répond Monsieur Psy, mon autre téléphone ne marche pas. Veuillez me rappeler sur mon autre téléphone.
Il raccroche sans avoir parlé de Leitha, mais bon, on a l'explication de pourquoi il n'a pas touché au téléphone de la table basse.
L'autre rappelle. Une sonnerie retentit. Elle n'émane pas du portable. Elle n'émane pas du fixe du bureau. Pas du fixe de la table basse. Elle émane de... DERRIERE le canapé. Je tords un peu le coup et aperçois en effet à son pied arrière, non pas un mais DEUX téléphone. Ce qui en fait cinq dans la pièce, si vous avez tout suivi.
Psy en choisi un (le moins joli) et le décroche. A l'autre bout du fil, l'autre veut visiblement lui parler d'autre chose. Il le laisse discourir avant d'expliquer qu'il appelait pour une autre raison. Il se trouve en présence d'une jeune femme. Cette jeune femme s'appelle... Comment, en fait ? Leitha donne son nom. Elle a vingt-trois ans. Elle fait des études de droit. Elle vie maritalement avec un homme.

Tchoucky : (à part) Bon, tu vas le dire le problème, oui ou non ?
Elle vit maritalement avec un homme, donc. Et elle a un problème depuis l'âge de dix ans.

Tchoucky : (à part) Ah, enfin.
Elle a un problème depuis l'âge de dix ans. Elle a quatre soeurs. Elle est née au Mans.
Tchoucky à part est prise de l'envie de taper sa tête contre un des murs immaculé du salon salle-de-bal-cabinet-de-psychiatre
Enfin Monsieur Psy consent à parler à son interlocuteur du problème de Leitha et de pourquoi il l'appelle. Ils conviennent d'un rendez-vous dont monsieur Psy s'avise après coup qu'il convient à Leitha, puis ils raccrochent sur la promesse se reparler dix minutes plus tard pour évoquer le sujet dont l'Autre tenait à tout prix à parler.
Leitha est rouge, rouge, rouge. Elle évite de me regarder, parce qu'à chaque fois, un fou rire qu'elle a du mal à réprimer la prends. Je commence à sérieusement me demander ce qui se passe. Ce n'est quand même pas un marabout, qu'il y avait au bout du fil ?
Et là, avec une candeur adorable, monsieur Psy annonce que la séance est de cent euros, mais qu'il conçoit que ce n'est sans doute pas dans ses moyens, alors qu'on peut négocier le prix. Le fou rire de Leitha se calme instantanément. Psy lui demande si sa mutuelle rembourse à 100% en reconnaissant que dans son cas à lui, il y a dépassement (non ? Sans blague ? ). Leitha lui fait un chèque en lui demandant de ne pas le toucher avant qu'elle se soit renseignée auprès de sa mutuelle, ce que j'espère qu'il fera. Et là, avec un culot que je salue bien bas au passage, elle demande « comment il a eu l'idée de la décoration de sa salle d'attente, cette ambiance de délire ».
De fantaisie, corrige monsieur psy. Il est visiblement très fièr d'avoir laissé libre court à son imagination. Il n'est pourtant pas l'auteur des oeuvres exposé, il les as importée d'Afrique, rien que ça.
Sortons de là. Vite. Pitié.
Je m'engouffre dans l'ascenseur avec joie et une Leitha qui n'en peut plus de se retenir de rire, ce qui fait qu'elle mettra dix minutes avant de m'expliquer le fin mot de l'histoire.
Je soussignée, Tchoucky, jure que tous les événements que nous venons de citer sont la stricte vérité (bon, j'ai peut-être un peu exagéré la taille de la table basse, mais juste ça)

Par Leitha - Publié dans : Suuréalisme
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 16:23
Puisqu'une Cipette a trouvé hier soir un immense courage sur son blog, je me devais moi aussi d'essayer avec mes pauvres mots, de vider le placard de certains squelettes. S'il me faut remercier particulièrement trois personnes (la vache, on se croirait aux oscars chez moi, depuis quelques jours!) pour m'avoir largement aidée vis-à-vis de cette douleur-là, c'est bien justement Cipette et Madame BBK, qui à leur façon chacune m'ont écoutée me répandre sur mon malheur et PiTRe qui en prime m'aide avec ses si jolies photos à avancer dans mon dernier cadeau. A vous trois, je ne dirais qu'une chose : vous valez de l'or !



J'aimerais, parfois, croire en Dieu, Allah, ou la grande Araignée velue de l'espace même, pour avoir le secours de me dire que tu es encore quelque part ailleurs que dans mon coeur et dans celui de tous ceux qui t'aiment. Mais j'ai fait le choix de ne pas vouloir d'une religion pour m'épauler il y a bien longtemps. Dieu, Allah et la grande araignée de l'espace ont autre chose à faire s'ils existent que de s'occuper des larmes de regret d'une gamine.

Que pourrais-je bien te dire, maintenant que tu as filé à l'anglaise ? Que tu me manques ? Ce n'est pas vraiment un scoop en même temps, ça fait trois ans, un mois et dix jours que c'est le cas chaque matin, chaque soir. Et après ? Ca te fait une belle jambe, hein, de le savoir ? Alors quoi te dire ? Que cette année, je viendrai enfin te voir ? Il m'en faudra du courage, pour venir saluer une tombe grise et froide. Quasiment tous les mois, un sursaut me pousse à préparer le trajet interminable infaisable ou presque, seule. Chaque mois je réalise au moment de me lancer que je ne peux pas y parvenir sans aide, sans quelqu'un à mes côtés. Tout implement parce que je sais que le choc sera plus douloureux pour moi que n'importe quelle autre souffrance. Je ne veux pas voir mon coeur éclater en morceaux sans personne pour ramasser les miettes. Alors je recule, malgré le besoin toujours plus pressant d'accomplir ce pélerinage. Oui, mon bel amour enfui, je viendrai, je viendrai... laisse-moi le temps. J'appartiens encore au monde des vivants et celui-ci a des exigences.

Il me reste de toi un morceau de ta voix, une mélodie au format mp3, qui me fait autant de bien que de mal. C'est un peu de toi, ce n'est pas assez. Que veux-tu, je suis gourmande, c'est toi tout entier que je voudrais retrouver... A défaut, je te promets simplement de trouver la force de te rejoindre une dernière fois, quand j'en aurai la force. La dernière fois, oui, car tu n'es plus et que si dur que ce soit à accepter, ce n'est pas en cherchant partout ton visage, en versant mon écot de pleurs et de douleurs, que je te rendrai la vie. Je te prépare un cadeau, pour ma venue. Des mots et des images qui parlent de nous, un dernier album photo, quelque chose de gai... aux effusions de douleur je préfère celles de joie. Mais après ces ultimes retrouvailles, je jetterai tous les souvenirs d'un passé qui me hante. Tu n'as jamais voulu me faire de mal, n'est-ce pas ?

Sur la pointe es pieds je vais finir cette lettre qui n'a guère de sens. Laisse-moi du temps, laisse-moi juste cela, tu as tout le tien désormais et pas moi.

A toi, mon Fred
Par Leitha - Publié dans : grognements
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