Jeudi 3 juin 2010
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23:29
Avant tout, parce qu'il faut bien commencer par quelque chose..; merci. Merci Ppm d'avoir fait le ménage, merci à tous ceux qui ont pris de mes nouvelles même si je suis restée silencieuse. Mais
vous savez quoi ? Je ne vais même pas m'excuser de ce long mutisme, plus long encore que prévu. Je sais que c'est mal, mais il le fallait.
Faisons un rapide état des lieux : une Sophie-Leitha en déconfiture, un procès qui se tint comme prévu le 25 mai et fut ubuesque, et une nouvelle fournée d'aventures, pour ne pas dire
mésaventures, à vivre. Je ne vous narrerai pas tout, hein, je suis flemmarde. Je vais me contenter, en douceur, de vous faire partager une longue, très longue matinée au tribunal correctionnel du
coin. Et la suite.
Allez, qui se charge de mettre une bûche dans la cheminée ? Athie, tu sors les cookies du four ? Mamie, tricotez vos mitaines !
Par un petit matin de printemps...
Où est ce fichu tribunal de grande instance ? Ca fait une heure que je tourne en rond dans le quartier pour le retrouver... Oui, j'y suis déjà allée un nombre incalculable de fois, mais depuis
quand cela serait-il une excuse pour ne pas me perdre ? L'heure tourne, je vais être en retard ! C'est par un pur hasard que je repère enfin le chouette bâtiment à l'allure néo post-moderne qui
me tend ses murs avec paresse. Qu'importe, j'entre. Siggy n'est pas loin, aussi je prie pour que soient de service aujourd'hui des huissiers et gardes bien musclés. Jouons-la nous façon
rôliste, jetons un dé pour la chance : *roll roll roll* Fumble ! Forcément... A quoi m'attendais-je ?
Alors en guise de sécurité, nous avons une gendarmette haute comme trois pommes, un papy et un huissier femelle d'une bonne taille de souris. Je sais que les talons peuvent être des armes
redoutables mais bon ! Bien, bien, bien, ce n'est pas le moment de flêchir. Je rentre dans la salle d'audience. C'est minuscule, le public va devoir se serrer sur six mini bancs d'école. Devinez
qui vient se coller à moi sur ma portion de bois poli ? Vivi, vous avez bien deviné ! Siggy himself... Restons calme, il y a du monde autour ! Au moins un couple du troisième âge et trois ados...
Restons calme. Je sors stylo et papier, histoire de m'appliquer à chroniquer la séance sans prêter attention à mon voisin.
L'étrange ballet des avocats se met en branle. C'est sportif, ce métier, dirait-on. La salle se remplit peu à peu et bientôt, la sonnerie annonçant l'arriovée de la cour rententit. Et quelle cour
! Royalement un unique juge, privé de ses assesseurs. En quel honneur ? Bouderaient-ils ? Les vilains ! Bref, passons à la première affaire : Un vol stupide effectué par un grand dadais pas bien
malin. Plutôt que sur cette pitoyable histoire, je me concentre sur le juge, une jolie dame à la voix douce. Je la sens ouverte au dialogue, à l'acceptation de parcours remplis d'erreurs. Une
personnalité que je ne peux qu'apprécier. Le dossier est rapidement traîté. Tant mieux, je m'endors.
Second round, qui me conforte dans mon intention de faire une sieste. La troisième histoire me réveille davantage, tant son côté tragicomique est intéressant : Maman Juge se révèle moins pur
sucre et commence à hausser le ton quand le prévenu a cette répartie surprenante : "non mais euuuh la barre de fer, c'était pas pour taper, juste pour discuter !". C'est sûr, tout le monde
converse mieux un tel outil en main. C'est scientifiquement prouvé. Ou pas ! Je me dis que celui-là, il mérite d'être collector. C'est dire à quel point j'oublie les capacités de mon 'poulain" à
surpasser ce degré de tranquille bêtise.
Pause ! La cour se retire pour délibérer..; la juge se réunirait-elle avec elle-même en commission extraordinaire ? Rien de faramineux dans les peines prononcées à son retour, mais des
explications claires et précises adressées aux condamnés.
Vient enfin le tour de Siggy. Et le show commence. Il fait fort, le bougre : dès qu'il est invité à décliner son identité, il arrive à insulter sans avoir l'air d'y toucher le magistrat, sa
victime et ex compagne... Chapô bas, je m'incline ! Heureusement qu'il n'a pas d'avocat, celui-ci serait mort d'une crise cardiaque en admirant cette technique. Et ça continue gaiement... A
l'énoncé des faits, le juge ne peut se retenir de remarquer l'originalité de ce mic-mac. Frapper son ex devant notaire, en voilà une idée surprenante ! S'il y a bien un acte à éviter de faire
authentifier, c'est celui-ci. Siggy, lui, pas plus frappé que ça par ce détail, explique avec véhémence que non, il n'était pas debout quand il a porté le premier coup, un coup inévitable puisque
promis à madame... Et après tout, ne s'était-il pas retenu pendant sept ans ? Que de bons arguments... Maman Juge a abandonné le terrain bienveillant pour expliquer que le comportement n'en
demeurait pas moins inadéquat. J'aurais pu lui dire, moi, que le semon serait inéfficace. Et pourtant, magnanime, consciente de la grande détresse de Siggy, Maman Juge, le procureur et même la
partie civile penchent vers une relative clémence à l'égard du petit père. Mais que croyez-vous qu'il arrive ?
Bien vu ! Siggy néglige le boulevard vers la sortie qui lui est offert et préfère, à l'occasion de sa dernière défense, insulter la justice institutionnelle, les policiers. Bingo ! A l'issue
de cette chouette séance de sons et lumières, Siggy écope d'une peine plus lourde que les réquisitions : du sursis avec mise à l'épreuve.
Et vous croyez que ça s'arrête là pour moi ? Raté ! Mais c'est demain, ou ce week-end, que vous aurez la suite !