Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 15:14

Quand je vous dit que j'ai de la chance ! Une grande, une incroyable chance... Il y a quelques mois, je vous parlais de Lou, un charmant jeune homme croisé dans les alentours d'une ville de Bretagne. Une rencontre émouvante, de celles qui vous rappellent que le monde n'est pas si mauvais. Ce jour-là, je m'étais promis de jeter un coup d'oeil aux résultats du bac, que Lou devait passer à la fin de l'année... promesse que je compte bien réaliser sous peu. Les gens bien, ça mérite qu'on garde un oeil dessus.

 

Et il y a quelques jours, une autre rencontre, un autre petit rayon de soleil... Je ne vais pas vous faire le déroulé complet des circonstances dans lesquelles j'ai atterri chez lui. Disons simplement que Mottate est un sacré personnage ! D'abord, et c'est ce qui a motivé mon premier attrait pour lui, il écrit bien. Très bien, même (et s'il ose protester, je mords !). En plus, c'est un collègue, plongé dans la même galère estudantine que moi. Mais surtout...  Surtout, le Mottate, non content d'avoir du talent, il a une belle âme. Et ça, je vous garantis que c'est un euphémisme. Imaginez l'improbable croisement entre un chevalier et un dandy, saupoudré d'un peu d'espièglerie et vous aurez un petit aperçu de la bête. Et en prime, mesdemoiselles, il est beau !

 

Me voilà un peu lyrique, mais il y a de quoi. C'est que ce gars-là, il a réussi à m'émouvoir par surprise, pile au moment où j'avais décidé d'écrire ici mon dégoût désormais viscéral de l'être humain, et blablabla... Il a débarqué avec sa tranquille gentillesse, sans façons, a posé ses valises et m'a donné à voir un peu le bon côté de l'animal homo sapiens. Il n'était pas obligé de me récupérer en rogne et de m'écouter râler jusqu'à ce que je me lasse. Il n'était pas obligé de me proposer son aide pour une de mes "expéditions". Il l'a fait. Qu'il en soit mille fois remercié.

 

Je voudrais bien lui rendre hommage un peu plus correctement que par ces quelques lignes brouillonnes. Mais fidèle à moi-même, je finirai sur une bouderie : Mottate est un administrativiste... on ne peut être parfait !

Par Leitha
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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 15:33

Julie a envie de s'amuser ce soir. Ses parents, sans doute des gens raisonnables et remplis de bon sens, ne lui laissent pas accès à Internet. Pauvres parents, s'ils savaient... Julie, donc, veut jouer. C'est que mademoiselle s'ennuie ferme, malgré le fait qu'à cette heure-ci, et vu son jeune âge, elle devrait dormir dans les bras d'un Morphée aux apparences d'un membre de Tokyo Hôtel.

 

Alors elle prend son téléphone portable et pianote distraitement. Soudain, une idée lui vient, un concept de jeu bien innocent... ou pas. Elle forme un numéro de portable au hasard et lui envoie un sms : "t'es qui ?"... Oh bien sûr, il y a peu de chance que la personne au bout réponde si tard, encore moins que la discussion s'ébauche puis se poursuive. Mais après tout, qu'est-ce que ça coûte de tenter, quand on s'ennuie ?

 

Miracle ! Le bip-bip de réception d'un message retentit. Son interlocuteur fantomatique a répondu. Toute contente, Julie entame le dialogue, force langage sms à l'appui. Il serait difficile de se méprendre sur sa jeunesse, même si au détour d'un message, elle se prétend plus vieille de dix ans. Et la discussion se prolonge, tard, très tard. Julie ne sait rien de celui avec qui elle parle, sinon son numéro de téléphone. Elle imagine un beau garçon, peut-être un homme, un vrai, se laisse porter par l'enthousiasme, fantasme un peu, en toute ingénuité, comme on rêve du prince charmant quand on est gosse... Au bout de deux heures de cette conversation par messages condensés, il est bientôt une heure et l'inconnu magique annonce à Julie qu'il va se coucher. La petite lui fait promettre qu'il sera "là" demain. Promesse accordée.

 

A quelques kilomètres de là, un homme d'une trentaine d'années repose son téléphone sur la table de chevet, un petit sourire aux lèvres. Il hésite, à la fois surpris par sa bonne fortune et vaguement inquiet. Et si c'était un piège de ces connards de flics ? Mais après tout, qu'a-t-il fait d'illégal ? Il a simplement répondu aux divers messages d'une demoiselle inconnue. Peut-être deviendra-t-elle une amie ? Peut-être plus ?

 

Et Siggy s'endort en pensant à cette personne qui non seulement ne le rejette pas, mais lui propose un rendez-vous.

 

 

 

Julie n'a pas eu de chance, dans son jeu d'adolescente naïve. Tomber sur mon Siggy préféré, quel hasard et quelle malchance incroyables !

Mais au fond, je n'arrive pas à lui accorder toute ma compassion. D'abord parce que taquiner la queue du dragon de cette manière, c'est courir un risque insensé. Je sais ce que signifie "se mettre en danger" et j'aurais mauvaise grâce à accuser une gamine de n'avoir pas su se protéger, mais quand même ! Livrer un numéro de téléphone, se vieillir et draguer une personne dont on ne sait rien... c'est déjà pas mal. Proposer un rendez-vous, c'est encore plus inconscient. Julie aurait dû se douter que tard le soir, elle avait plus de chances de tomber sur une personne d'une tranche d'âge différente de la sienne. Alors, en aucun cas ce n'est sa faute s'il lui est arrivé quelque chose... mais je n'arrive pas à compatir autant que je le devrais. Cela fait-il de moi quelqu'un de mauvais ?

 

Par Leitha - Publié dans : philo de comptoir
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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 18:27

Aaah, une belle journée au palais de justice, ça me manquait, tiens... pourtant, je m'étais dit, il y a un an et des bananes, que c'était fini, que je n'aurais plus l'occasion de prendre un ticket pour cette si jolie petite fête foraine... bah figurez-vous que mon optimisme débordant aurait mieux fait de se faire la malle ce jour-là.

 

Je me suis levée tôt ce matin, histoire d'être là à l'ouverture des portes et d'éviter la longue queue à l'entrée des lieux. Après tout, je n'avais pas exactement l'intention de faire du tourisme, non, je voulais juste trouver mon futur meilleur ami, celui qui répondrait à mes multiples questions sur "comment-me-dépatouiller-de-tout-ce-merdier". En somme l'avocat, le vrai, le beau...

Parce qu'il faut être réaliste, je ne m'en sors pas seule, et je suis assez lucide pour voir à quel point mon mental se fragilise dangereusement, au point de me faire basculer dans le monde passionnant de la fugue définitive si je n'y preds pas garde. Et accessoirement, vivre la peur au ventre, c'est très vendeur dans un film d'Hitchcock, mais en vrai, bof !

 

Alors voilà, petit balluchon à l'épaule, je campe fermement devant la porte du laby... du palais de justice. C'est la première fois que je le vois fermé et j'avoue être légèrement impressionnée... tout comme je suis impressionnée par la foule qui se presse déjà devant les portes, telle une horde de barbares conquérants. Après une longue attente, enfin, les jolis gendarmes tout frais et dispos donnent le signal de la ruée vers l'or...dre des avocats ! Enfin, la ruée, la ruée... en bergers experts, ils organisent la file d'accès à la fouille,, à l'aide de ces si sympathiques barrières métaliques qu'on voit fleurir en toutes occasions. J'arrive devant le portique.

 

Bien, bien, bien, alors, je suis chargée comme une mule béarnaise. Et c'est seulement maintenant que je m'avise que j'ai sur moi quelques articles moyennement tolérés dans ce genre de lieux. Trois fois rien, ma fidèle hache Doudou étant restée chez moi... juste une bombe au poivre, un stylo-épée...  toutes sortes de choses inutiles et inefficaces (et vaguement illégales, si je ne me trompe ?) que je n'utiliserai sans doute jamais mais qui me rassurent. Rien n'est détecté par le système de sécurité, mais pour être une gentille fille toute sage, je signale à l'agent mes petits grigris, qui me sont bien entendu confisqués, mais me seront restitués à la sortie, pour peu que je revienne saluer ces messieurs. N'empêche... et si je n'avais rien dit ? Une grande terroriste serait entrée sans encombre à Juticialand. Ca m'inquiète un poil...

 

S'ensuit un chouette jeu de piste pour trouver la permanence juridique. Après avoir résolu toutes les énigmes posées par de vilains PNJ farceurs, j'arrive dans le saint des saints. Chouette, j'ai de l'avance sur la distribution des tickets de passage ! Résultat : vive mon bouquin et mes barres chocolatées. Le temps s'étire... s'étire... Ah, le GO arrive avec les fameux sésames de couleur. Les postulants (dont moi) se précipitent vers lui. Cet homme est d'une grande efficacité et d'un calme olympien devant la meute. Rien que pour ca, je l'admire. J'imagine qu'il faut une maîtrise de Yoga appliqué pour gérer le bouzin...

 

 

Re-lecture, j'aurais dû prendre deux bouquins. Je regarde les affiches dans le couloir, observe mes camarades... Et soudain, miracle, c'est à moi. J'entre dans le coquet box aménagé avec un goût certain et très sobre : une table, trois chaises. Maître avocat, sur sa feuille penchée, me tient à peu près ce langage :

 

- Eh bonjour, damoiselle Leitha, sans mentir, si votre affaire se rapporte à votre air...

 

Non, j'déconne... Maître avocat est un peu pressé il doit faire tourner les consultations et est précis dans ses questions. Il parvient à me lancer sur la voie d'un nouveau de jeu de piste prochain pour accéder à mon Saint-graal personnel.Je connais enfin la prochaine quête à valider, donc, et ressors du local exigu fatiguée d'avance.

 

Jallais sortir de Justicialand après m'être une fois de plus perdue dans les couloir, lorsque je me souviens qu'il me faut récupérer mes affaires avant. Je repasse donc par le sas de sécurité... où on me rend le tout... avant de me laisser repartir dans la cour intérieure vers la sortie principale, et donc... dans l'enceinte du palais. Logique. Je veux dire que je ne suis ni escortée ni surveillée, donc que je peux aussi bien revenir dans les bâtiments faire un carnage si ça me tente.

 

C'est-y pas beau, la confiance ?

 

 

 

 

 

Par Leitha
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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 23:00

Vous en avez marre des romans à l'eau de rose made in Barbara Cartland, des magazines féminins qui vous vantent les vertus du super-régime-amaigrissant-tueur-de-bourrelets ou du policier de gare dont l'intrigue naissante vous saute aux yeux dès les premières lignes ? Comme je vous comprends ! Alors, rien que pour vous en exclusivité, je livre ici le best-seller en devenir que je dévore depuis le 25 mai.

 

Genre : Erotico-thriller-horrifico-fantastique. 

 

Format : Roman feuilleton.

 

L'histoire : Siggy, un homme bien sous tous rapport, est injustement brimé et torturé par son entourage familial, amical et professionnel. Un beau jour, il se rebelle et décide de se venger...

 

Public visé : Sous acide de préférence.

 

Mon avis : L'auteur m'ayant envoyé son manuscrit par petits bout, je n'ai pas encore la fin de l'histoire à disposition. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il sait placer une ambiance et faire monter le suspens...j'avoue être clairement impatiente de savoir si le héros finira par avoir cette garce de Sophie Leitha et "lui sauter à la gorge pour luii arracher le coeur et le piétiner violemment". Il y a bien entendu des quêtes annexes, pourtant celle-ci me tient particulièrement à coeur, allez savoir pourquoi !

 

Je sais, je vous ai promis de vous raconter la suite des événements dans l'ordre, mais ma lecture est très prenante. Et m'est avis que je recevrai le 3ème tome demain.

 

 

 

Par Leitha
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Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 23:29

Avant tout, parce qu'il faut bien commencer par quelque chose..; merci. Merci Ppm d'avoir fait le ménage, merci à tous ceux qui ont pris de mes nouvelles même si je suis restée silencieuse. Mais vous savez quoi ? Je ne vais même pas m'excuser de ce long mutisme, plus long encore que prévu. Je sais que c'est mal, mais il le fallait.

 

Faisons un rapide état des lieux : une Sophie-Leitha en déconfiture, un procès qui se tint comme prévu le 25 mai et fut ubuesque, et une nouvelle fournée d'aventures, pour ne pas dire mésaventures, à vivre. Je ne vous narrerai pas tout, hein, je suis flemmarde. Je vais me contenter, en douceur, de vous faire partager une longue, très longue matinée au tribunal correctionnel du coin. Et la suite.

 

Allez, qui se charge de mettre une bûche dans la cheminée ? Athie, tu sors les cookies du four ? Mamie, tricotez vos mitaines !

 

Par un petit matin de printemps...

 

Où est ce fichu tribunal de grande instance ? Ca fait une heure que je tourne en rond dans le quartier pour le retrouver... Oui, j'y suis déjà allée un nombre incalculable de fois, mais depuis quand cela serait-il une excuse pour ne pas me perdre ? L'heure tourne, je vais être en retard ! C'est par un pur hasard que je repère enfin le chouette bâtiment à l'allure néo post-moderne qui me tend ses murs avec paresse.  Qu'importe, j'entre. Siggy n'est pas loin, aussi je prie pour que soient de service aujourd'hui des huissiers et gardes bien musclés. Jouons-la nous façon rôliste, jetons un dé pour la chance : *roll roll roll* Fumble ! Forcément... A quoi m'attendais-je ?

 

Alors en guise de sécurité, nous avons une gendarmette haute comme trois pommes, un papy et un huissier femelle d'une bonne taille de souris. Je sais que les talons peuvent être des armes redoutables mais bon ! Bien, bien, bien, ce n'est pas le moment de flêchir. Je rentre dans la salle d'audience. C'est minuscule, le public va devoir se serrer sur six mini bancs d'école. Devinez qui vient se coller à moi sur ma portion de bois poli ? Vivi, vous avez bien deviné ! Siggy himself... Restons calme, il y a du monde autour ! Au moins un couple du troisième âge et trois ados... Restons calme. Je sors stylo et papier, histoire de m'appliquer à chroniquer la séance sans prêter attention à mon voisin.

 

L'étrange ballet des avocats se met en branle. C'est sportif, ce métier, dirait-on. La salle se remplit peu à peu et bientôt, la sonnerie annonçant l'arriovée de la cour rententit. Et quelle cour ! Royalement un unique juge, privé de ses assesseurs. En quel honneur ? Bouderaient-ils ? Les vilains ! Bref, passons à la première affaire : Un vol stupide effectué par un grand dadais pas bien malin. Plutôt que sur cette pitoyable histoire, je me concentre sur le juge, une jolie dame à la voix douce. Je la sens ouverte au dialogue, à l'acceptation de parcours remplis d'erreurs. Une personnalité que je ne peux qu'apprécier. Le dossier est rapidement traîté. Tant mieux, je m'endors.

 

Second round, qui me conforte dans mon intention de faire une sieste. La troisième histoire me réveille davantage, tant son côté tragicomique est intéressant : Maman Juge se révèle moins pur sucre et commence à hausser le ton quand le prévenu a cette répartie surprenante : "non mais euuuh la barre de fer, c'était pas pour taper, juste pour discuter !". C'est sûr, tout le monde converse mieux un tel outil en main. C'est scientifiquement prouvé. Ou pas ! Je me dis que celui-là, il mérite d'être collector. C'est dire à quel point j'oublie les capacités de mon 'poulain" à surpasser ce degré de tranquille bêtise.

 

Pause ! La cour se retire pour délibérer..; la juge se réunirait-elle avec elle-même en commission extraordinaire ? Rien de faramineux dans les peines prononcées à son retour, mais des explications claires et précises adressées aux condamnés.

 

Vient enfin le tour de Siggy. Et le show commence. Il fait fort, le bougre : dès qu'il est invité à décliner son identité, il arrive à insulter sans avoir l'air d'y toucher le magistrat, sa victime et ex compagne... Chapô bas, je m'incline ! Heureusement qu'il n'a pas d'avocat, celui-ci serait mort d'une crise cardiaque en admirant cette technique. Et ça continue gaiement... A l'énoncé des faits, le juge ne peut se retenir de remarquer l'originalité de ce mic-mac. Frapper son ex devant notaire, en voilà une idée surprenante ! S'il y a bien un acte à éviter de faire authentifier, c'est celui-ci. Siggy, lui, pas plus frappé que ça par ce détail, explique avec véhémence que non, il n'était pas debout quand il a porté le premier coup, un coup inévitable puisque promis à madame... Et après tout, ne s'était-il pas retenu pendant sept ans ? Que de bons arguments... Maman Juge a abandonné le terrain bienveillant pour expliquer que le comportement n'en demeurait pas moins inadéquat. J'aurais pu lui dire, moi, que le semon serait inéfficace. Et pourtant, magnanime, consciente de la grande détresse de Siggy, Maman Juge, le procureur et même la partie civile penchent vers une relative clémence à l'égard du petit père. Mais que croyez-vous qu'il arrive ?

 

Bien vu ! Siggy néglige le boulevard vers la sortie qui lui est offert et préfère, à l'occasion de sa dernière défense, insulter la justice institutionnelle, les policiers. Bingo ! A l'issue de cette chouette séance de sons et lumières, Siggy écope d'une peine plus lourde que les réquisitions : du sursis avec mise à l'épreuve.

 

Et vous croyez que ça s'arrête là pour moi ? Raté ! Mais c'est demain, ou ce week-end, que vous aurez la suite !

 

 

 

Par Leitha
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