... Ou comment rouvrir un blog après une longue et nécessaire pause, sur un coup de sang. Oui, bon, je sais, les coups de sang à trois heures du matin, c'est étrange. Mais devinez quoi ? Un
évènement étrange dans une vie surréaliste, c'est presque normal !
A ceux qui ne connaissent pas l'ancien blog (les anciens, si je compte la vague amorce d'un second il y a quelques mois; que j'ai vite abandonnée, un peu trop prise dans la tempête), une
rapide présentation.
Je suis Leitha, alias Sophie (non, ce n'est pas mon vrai nom), alias Sephrenia, alias d'autres pseudonymes encore, divers et variés que j'ai oublié et qui n'ont pas d'importance.
j’ai vingt-quatre ans et toutes mes dents. Bon, c’est peut-être la seule chose en excellent état, mais j’y tiens. Je suis handicapée. Cherchez « hémiparésie » sur Internet, vous trouverez quelques articles sur ce problème pas bien grave.
Bon, allez, je suis bonne fille, je vais vous dégrossir le travail : Avant ma naissance, mon cerveau a par un hasard farceur manqué un très court laps de temps d’oxygène. Résultat, il est un peu amoché. Grâce à une bonne rééducation (toute ma jeunesse enfuie chez les psychomotriciens et les kinés, si ce n’est pas triste, ça !) et à une volonté de fer (je me fais un peu mousser !), il reste relativement peu de séquelles. Et je le précise tout de suite, aucune au niveau intellectuel. Faisons rapidement l’inventaire des dégâts physiques : tout le côté droit de mon corps est douloureux en permanence et a une sensibilité perturbée. Le chaud, le froid, le lourd, le léger, toute cette partie ne connaît pas ! En fait, pour faire court, je ne ressens que la douleur. Et en règle générale, l’abruti qui me touche l’épaule droite sans prévenir se prend une pêche. Pour moi c’est un peu comme s’il m’avait électrocutée, donc j’ai tendance à mal réagir.
Outre ce problème de sensibilité, il y a ce que j’appelle les grèves sans préavis, quand ma jambe (droite bien sûr) se bloque et devient raide. Dans ces moments je suis condamnée à une séance de sport à cloche-pied. Et en général, le bras suit le mouvement et se paralyse aussi. Mais la plupart du temps, je marche, je cours, comme tout le monde. Enfin, pour en finir au niveau physique, j’ai un grave problème d’acuité visuelle. Je ne suis pas aveugle, juste myope comme une taupe.
Le reste des séquelles de l’hémiparésie, ce sont les grosses difficultés de repérage spatial (Je suis capable de me perdre dans une ligne droite et je suis incapable de vous dessiner une figure
géométrique complexe) et surtout, une émotivité débridée. Je passe des chutes du Niagara à la joie la plus extrême, sans étapes intermédiaire ou presque. Je ne peux tout bonnement pas être
neutre, je ressens tout avec une intensité telle que quasiment impossible à contenir. Bien entendu, j’ai un peu appris le sens de la retenue et je ne saute pas tout de suite au cou du premier
venu. Je vis en société après tout. Mais je suis une fausse extravertie, toujours prête à faire le clown et je suis d’une naïveté parfois déconcertante. Bref, je ne canalise quasiment pas
mes émotions de moi-même.
Je me permets un dernier détail avant de clore le chapitre sur mon handicap : L’hémiparésie est un problème léger. Je n’ai pas à subir une paralysie permanente ou totale. Je n’ai pas besoin d’une canne blanche. Mes muscles ne s’atrophient pas au fur et à mesure. Bref, tout va bien, merci. quelques traversées de Paris sur une jambe, on peut dire que je suis autonome.
Que me reste-t-il à dire sur moi ? Ah oui, peut-être ce qui m’a amenée à écrire ces pages ? Eh bien... une envie subite de vous emmener à Justicialand, le merveilleux univers où droit,
bordel, émotion, police, bordel, quiproquos, bordel et surréalisme cohabitent. Euh, j'ai pas oublié de mentionner le bordel ?
J'ai visité cet étrange parc d'attraction une première fois en tant que victime de viol. Oui bon, on ne va pas pleurer dans les chaumières, c'est arrivé, c'est moyennement drôle,
ça laisse des traces de ci de là, rien de mortel. Je le répête, jene suis pas à plaindre. Mais j'ai eu l'a grande idée de porter plainte... et j'ai eu tôt fait de le regretter et de jurer mais un
peu tard, qu'on ne me reprendrait plus à faire la même bêtise. Sauf que voilà, plus de cinq ans après, pratiquement à l'issue du procès qui devait clore mon séjour à Justicialand, on m'a refilé
un nouveau ticket pour un tour gratuit... Et vous voulez que je vous dise ? Je regrette déjà d'avoir osé imaginer un instant que porter plainte pouvait être une bonne idée.
Toute dernière précision : A vous de décider si vous me suivrez à travers ces pages. Je m’efforcerai d’y être un guide agréable mais autant vous rappeler que l’histoire que j’y relate
gardera un goût de sordide. Je vous ferai rire, je vous rappellerai combien le soleil brille. ce blog n'a pas vocation à être une longue plainte. Mais parfois, comme cette nuit, j'aurai une boule
dans la gorge.
Leitha
PS : BBK, satisfaite ? (nan parce que sans elles, vous n'auriez pas à me supporter !)