Comment devenir une terroriste...

Publié le par Leitha

Aaah, une belle journée au palais de justice, ça me manquait, tiens... pourtant, je m'étais dit, il y a un an et des bananes, que c'était fini, que je n'aurais plus l'occasion de prendre un ticket pour cette si jolie petite fête foraine... bah figurez-vous que mon optimisme débordant aurait mieux fait de se faire la malle ce jour-là.

 

Je me suis levée tôt ce matin, histoire d'être là à l'ouverture des portes et d'éviter la longue queue à l'entrée des lieux. Après tout, je n'avais pas exactement l'intention de faire du tourisme, non, je voulais juste trouver mon futur meilleur ami, celui qui répondrait à mes multiples questions sur "comment-me-dépatouiller-de-tout-ce-merdier". En somme l'avocat, le vrai, le beau...

Parce qu'il faut être réaliste, je ne m'en sors pas seule, et je suis assez lucide pour voir à quel point mon mental se fragilise dangereusement, au point de me faire basculer dans le monde passionnant de la fugue définitive si je n'y preds pas garde. Et accessoirement, vivre la peur au ventre, c'est très vendeur dans un film d'Hitchcock, mais en vrai, bof !

 

Alors voilà, petit balluchon à l'épaule, je campe fermement devant la porte du laby... du palais de justice. C'est la première fois que je le vois fermé et j'avoue être légèrement impressionnée... tout comme je suis impressionnée par la foule qui se presse déjà devant les portes, telle une horde de barbares conquérants. Après une longue attente, enfin, les jolis gendarmes tout frais et dispos donnent le signal de la ruée vers l'or...dre des avocats ! Enfin, la ruée, la ruée... en bergers experts, ils organisent la file d'accès à la fouille,, à l'aide de ces si sympathiques barrières métaliques qu'on voit fleurir en toutes occasions. J'arrive devant le portique.

 

Bien, bien, bien, alors, je suis chargée comme une mule béarnaise. Et c'est seulement maintenant que je m'avise que j'ai sur moi quelques articles moyennement tolérés dans ce genre de lieux. Trois fois rien, ma fidèle hache Doudou étant restée chez moi... juste une bombe au poivre, un stylo-épée...  toutes sortes de choses inutiles et inefficaces (et vaguement illégales, si je ne me trompe ?) que je n'utiliserai sans doute jamais mais qui me rassurent. Rien n'est détecté par le système de sécurité, mais pour être une gentille fille toute sage, je signale à l'agent mes petits grigris, qui me sont bien entendu confisqués, mais me seront restitués à la sortie, pour peu que je revienne saluer ces messieurs. N'empêche... et si je n'avais rien dit ? Une grande terroriste serait entrée sans encombre à Juticialand. Ca m'inquiète un poil...

 

S'ensuit un chouette jeu de piste pour trouver la permanence juridique. Après avoir résolu toutes les énigmes posées par de vilains PNJ farceurs, j'arrive dans le saint des saints. Chouette, j'ai de l'avance sur la distribution des tickets de passage ! Résultat : vive mon bouquin et mes barres chocolatées. Le temps s'étire... s'étire... Ah, le GO arrive avec les fameux sésames de couleur. Les postulants (dont moi) se précipitent vers lui. Cet homme est d'une grande efficacité et d'un calme olympien devant la meute. Rien que pour ca, je l'admire. J'imagine qu'il faut une maîtrise de Yoga appliqué pour gérer le bouzin...

 

 

Re-lecture, j'aurais dû prendre deux bouquins. Je regarde les affiches dans le couloir, observe mes camarades... Et soudain, miracle, c'est à moi. J'entre dans le coquet box aménagé avec un goût certain et très sobre : une table, trois chaises. Maître avocat, sur sa feuille penchée, me tient à peu près ce langage :

 

- Eh bonjour, damoiselle Leitha, sans mentir, si votre affaire se rapporte à votre air...

 

Non, j'déconne... Maître avocat est un peu pressé il doit faire tourner les consultations et est précis dans ses questions. Il parvient à me lancer sur la voie d'un nouveau de jeu de piste prochain pour accéder à mon Saint-graal personnel.Je connais enfin la prochaine quête à valider, donc, et ressors du local exigu fatiguée d'avance.

 

Jallais sortir de Justicialand après m'être une fois de plus perdue dans les couloir, lorsque je me souviens qu'il me faut récupérer mes affaires avant. Je repasse donc par le sas de sécurité... où on me rend le tout... avant de me laisser repartir dans la cour intérieure vers la sortie principale, et donc... dans l'enceinte du palais. Logique. Je veux dire que je ne suis ni escortée ni surveillée, donc que je peux aussi bien revenir dans les bâtiments faire un carnage si ça me tente.

 

C'est-y pas beau, la confiance ?

 

 

 

 

 

Commenter cet article

ppm 18/06/2010 22:46


Je suis allé dans un tel lieu pour divorcer il y a 3 mois, et mon porte clef qui comporte un couteau suisse de 6cm a été refusé, pas confisqué mais refusé, ils ne voulaient pas me le mettre de
côté, je ne pouvais donc pas rentrer.
Ils m'ont invité à aller le plaquer dehors dans une pot de fleur, ce que j'ai fait, et je l'ai retrouvé en sortant.


Leitha 19/06/2010 15:33



Eh beh, c'est un minimum plus intelligent...



Monseigneur 17/06/2010 22:57


J'aime assez la fin des "Barbouzes", pas vous ? ;-)


Leitha 17/06/2010 23:30



*sifflote*



Monseigneur 17/06/2010 00:56


Aucune institution ne peut sérieusement maintenir des mesures de protection drastiques, question de lassitude des agents, d'impression d'inutilité des fouilles, et surtout perte d'énormément de
temps si on veut faire le boulot sérieusement. Un jour, je vous raconterai comment j'ai traversé Paris avec un canon sur l'épaule en pleine guerre d'Irak.
La prochaine fois qu'on vous verra aux marches du palais, entrez-y à cheval, heaume en tête et bannières déployées, là, promis, je vous épouse la semaine suivante ;-)


Leitha 17/06/2010 07:57



Je note sérieusement, je vous avertis... D'autant que c'était envisagé pour vendredi en huit !


Z'auriez l'air malin...