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J'ai envie cette nuit de vous causer de deux sujets : psychiatrie et opinion publique. Il est tard cependant et je pense me contenter dans un premier temps de vous replonger dans les délices de Médicaland.
Mais attention, attention ! Un Médicaland bien moins riant que celui que je vous ai présenté il y a quelques mois : ce dernier était en quelque sorte la version idéale de ce que devrait toujours être une hospitalisation ou une consultation psychiatrique. Oh, j'en plaisantais avec un peu d'acidité mais je suis consciente que deux mois là-bas, s'ils ne m'ont pas guérie, m'ont donné l'assurance que je pouvais l'être avec du temps et de la confiance.
En revanche, le Médialand que je fréquente trop souvent depuis quinze ans, le "vrai", celui qui n'a comme moyens que les deniers publics, ou celui qui s'exerce dans des cabinets coûteux de Paris, est nettement plus effrayant. Je vous ai déjà narré mes déboires chez un psychiatres qui entendait me faire exorciser. Si vous aviez trouvé ce gus dangereux, je l'estime sans doute moins tel que certains de ses collègues qui prennent à peine le temps de dire "bonjour-comment-allez-vous-au-revoir" avant d'empocher le chèque de la consultation, ou pire, que ceux qui cherchent à imposer au patient ce que je nommerais un raisonnement sans issue. "vous-êtes malade, je vais vous faire hospitaliser avec votre accord. Ceci dit, si je n'obtiens pas votre accord, je ferai en sorte de contourner ça en vous internant d'office". De quoi briser net une confiance, si tant est qu'elle ait pu êter initiée auparavant.
Alors, ces deux extrêmes, des raretés ? Non, non, j'en ai croisé pas mal, dans le genre.Et pour ce qui est des causes de cela, j'en vois deux hypothétiques :
La première est l'incroyable facilité de l'homme muni d'un certain savoir à s'estimer comme sachant tout mieux que les autres. Face en plus à une personne vulnérable et fragile, comment ne pas succomber à la tentation d'estimer qu'on a raison et qu'imposer cette raison est la meilleure chose à faire ?
La seconde est le manque de moyens efficaces de soigner un patient, tant matériels que théoriques. A partir de là, se donner le temps de chercher dans un service py ou bien décliner au contraire cette responsabilité peuvent paraître des options sensées.
Seulement, toucher à l'âme d'un être humain, à ses mécanismes de pensée, à ses sentiments, à ses émotions, à ses valeurs peut-être, c'est délicat. Et mieux vaudrait avancer avec d'infinies précautions. Hein, quoi ? On me dit dans l'oreillette que dans l'urgence, ces précautions sont difficiles à mettre en place ? Certes, mais tolèrerait-on d'un chirurgien des urgences qu'il ne se lave pas les mains, pose le corps à ouvrir sur la moquette du salon et finisse son sandwich au-dessus de la plaie dans laquelle il insére un scalpel recouvert de moutarde ?
La psychologie est un domaine qui est censé être l'apaisement du mal-être. Naïvement, je ne pense pas que deux semaines allongée sur un lit dans une chambre blanche, gavée de médicaments qui m'empêchaient de penser mais n'atténuaient pas mes angoisses, à recevoir 3 minutes par jour une psychiatre pressée de finir sa tournée des patients et se moquait visiblement de mon état psychique ou physique, ait apporté quoique ce soit de positif à ma vie, sauf à considérer que le goût d'un bras d'infirmier cru puisse se recréer synthétiquement ?
Je doute aussi de l'intérêt des deux autres mois dans une clinique moins bonne que la dernière où je suiis allée, dans des conditions similaire mis à part le confort de la chambre et la possibilité de regarder la télé et des dvix... Ah si, je suis mauvaise langue, j'en ai tiré une grande science du rami !
Et là, je vous donne un aperçu léger, qui ne tient pas compte des nombreux phénomènes croisés durant ces séjours, du hurleur professionnel à l'apprenti assassin. Je vous ai aussi épargné les infirmières qui prenaient plus de temps en pause café dans leur office qu'auprès du pauvre malade en pleine attaque de panique.
Bon, tout ceci est bel et bon, mais après... que fait-on ? Je peux passer des heures à critiquer ce qui existe et je ne vais d'ailleurs pas me priver de le faire, plus longuement et sous une autre forme, mais il serait pas mal de chercher à voir comment améliorer ce qui, de base, pourrait être utile si on s'en servait correctement ?
Euh ceci dit, mon lit commence à me faire du pied...
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mmh ?
Dans d'autres domaines, on casse pour reconstruire, on créée soin propre emploi, on se garde du boulot pour la retraite, faut surtout pas trop bien bosser, c'est limite une faute professionnelle.
En médecine traditionnelle je ne suis pas spécialiste, mais les moyens déployés pour la prévention en disent long sur la volonté de guérir les gens en vrai.
Désolé pour ce commentaire pas super optimiste, mais comme disait Socrates, soigne toi toi même :) ah bon, il disait pas ça ?
Non et tu généralises bien beaucoup, mon cher...
mmh C'est pas trop dur, hein ?
Alors j'imagine toujours que notre meilleur médecin, c'est nous-même, et qu'il faut toujours se faire confiance :) mais ça, c'est pas facile ...
Et c'est souvent faux : on n'a pas assez de recul !
Tu serais pas du genre à voir les bouteilles à moitié vides toi ?
Venant de toi XD
Oui je suis un peu de retour...
Je voulais juste vous dire toute mon admiration pour votre combat et votre façon de faire face à ce que vous subissais comme difficultés, et pour la manière dont vous arrivez à nous en faire part, avec un humour qui semble insubmersible et une plume élégante. J'ai découvert récemment votre article sur le blog de Maitre Mô, et il m'avait déjà impressionné de sagesse, de recul, sans nier la douleur ou les faits. C'est rare parmis les "victimes" qu'on entend prendre la parole.
J'ai suivi le lien jusqu'ici, et j'ai passe ma soirée à lire ce blog (depuis 19h environ). Et pourtant, Dieu sait que j'ai de quoi m'occuper, mon seul temps libre depuis un mois, c'est quand je n'arrive plus à rédiger mon mémoire... Mais je ne regrette pas: votre histoire est pleine d'émotions, touchante, et votre combat vaut largement qu'on s'y intéresse.
Je m'exprime maladroitement, mais je voudrais vous souhaiter encore courage !
Oh, un mot si gentil et je tombe dessus si tard! Merci Boka, merci de tout coeur...